Retour sur la Bag’Show 2019

Retour sur la Bag’Show 2019

La Bag’Show 2019 nous a offert une affiche exceptionnelle pour les 40 ans de la Baguetterie : entre Manu Katché, Dennis Chambers ou encore Luke Holland, un seul de ces batteurs aurait suffit à me déplacer ! Voici mon ressenti sur cette journée pour ma première Bag’Show.

Mon expérience à la Bag’Show 2019

Je suis arrivé au Trianon en début d’après midi, juste après Thomas Lang.

Cette édition me défriche, n’ayant pas été aux éditions précédentes. Je suis super excité et le lieu m’appelle d’un brouhaha cataclysmique : un fût peut être bruyant mais il se passe quoi là-dedans ???

Ceux qui y ont déjà été connaissent : les marques installent leurs kits dans le hall du bâtiment. Tout les visiteurs peuvent s’installer essayer un kit et le publique n’a pas besoin d’invit’ : des dizaines de batteurs jouent en même temps (différent de « au même tempo ») et se font plaiz.

Ça annonce l’ambiance, mes tympans sont en flips mais moi j’adore, des batteurs se retrouvent et s’éclatent.

Je me dirige vite vers la salle de concert et découvre les frères Dolle, 3 frères qui mettent en spectacle des percus, un peu à la manière des Fills Monkey j’imagine (je ne les ai jamais vus) mais en se déplaçant avec des percus accrochées sur eux.

Voici mon ressenti pour les shows que j’ai pu voir durant cette édition. Les vidéos ont été prises avec un iPhone et le Zoom IQ7.

Aaron Spears

Aaron Spears est le premier à faire résonner mon fauteuil et il y met de l’entrain ! J’adore son jeu de charleston, ultra sec avec des ouvertures qui cisaillent son groove et épicent ses rythmes de sonorités bien personnelles.

Son kit Sonor sonne d’enfer, ses cymbales aussi et, je n’avais jamais vu ça, il arrivera à retourner sa cymbale bottom de charleston… ils s’y mettent à plusieurs pour essayer de la retourner, on a eu le droit à une scène cartoonesque avec un membre du staff qui saute sur la cymbale pour essayer de la retourner mais rien à faire, elle s’est pétrifiée sous la force d’Aaron. Bon l’événement est organisé par la Baguetterie donc ça met pas trop de temps avant qu’une galette turque toute fraîche lui soit apportée.

Il continue son show, ses breaks sont impressionnants mais me touchent peu, j’apprécierais beaucoup plus son jeu s’il en faisait moins.

Aric Improta

Je découvre Aric Improta. Un lecteur m’avait déjà envoyé des vidéos de lui mais je ne le connaissais pas plus que ça.

Il est bestial, son jeu est brut, rapide, pas forcément super clean au niveau du son mais carrément en place. Ses patterns sont marqués par des hurlements et un soucis sur ses pistes au milieu de son show : le click est passé côté publique. Pas cool pour lui mais on a pu apprécier sa précision incroyable.

Je suis pas fan mais ça devait notamment être dû au son de son kit, j’ai pas été séduit, surtout par la caisse claire.

Luke Holland

Je connaissais Luke Holland de par ses vidéos YouTube (ma femme est fan de sa drum cover de Sorry de Justin Bieber) sans que ça m’ait vraiment marqué, mais alors là c’est juste la claque ! Il commence en annonçant la couleur gentillement : « I hope you guys love metal, if not, too bad » (j’espère que vous aimez le métal, sinon tant pis). C’est parti pour un rouleau compresseur de puissance, de vitesse tout en clarté et précision.

Curieusement il joue deux fois plus de notes qu’Aaron Spears mais ça me touche beaucoup plus. Je trouve ses breaks et ses grooves vraiment créatifs, la mise en place est irréprochable et les différents styles qu’il interprète me plaisent. Son kit DW est parfait pour son jeu, pareil pour ses Meinl. Pour moi c’est la première grosse grosse claque du jour.

Mark Giuliana

Je sais pas du tout à quoi m’attendre de Mark Guiliana. Je l’avais déjà entendu sur album mais ça ne m’avait pas touché : une pure question de style, son jeu me rend admirateur mais est au service d’une musique dont je ne suis pas le publique.

Mais maintenant place au live… il commence avec une impro d’une dizaine de minutes qui fait rire mes voisins, visiblement mal à l’aise. On ne comprend pas trop où il veut en venir et plus il joue (et ne joue pas) et plus son show me séduit.

Il prend la parole pour nous annoncer qu’il ne veut pas jouer quelque chose de répété. Il est là pour improviser et jouer dans le moment présent. Exprimer ce que le Mark Guiliana de ce moment doit exprimer. C’est du coup très expérimental, à aucun moment je ne tape du pied mais à chaque instant je suis admiratif de sa présence et de son choix.

Du coup je lui offre le trophée Batteurs Sans Limite du courage et de l’expression authentique, il sera sans doute heureux d’ajouter cette distinction à sa carrière j’en suis sûr =D

Manu Katché

Tous les batteurs ont joué avec des backtracks (sauf Mark Guiliana), mais Manu Katché est le seul à s’être installé avec d’autres musiciens (après Thomas Lang en tout cas, je ne sais pas pour les batteurs qui sont passé en début de journée).

Sa Yamaha patiente, on lui chante un joyeux anniversaire et il s’installe pour poser son groove…. et BAM !! Quel son, quelle présence !! À ce moment là je me dis que c’est vers ça que je veux tendre : un jeu ultra musical, personnel, relativement simple dans sa compo mais efficace et surprenant. Il s’en dégage une sensation de qualité avec un grand Q, je suis admiratif et je me dis que si je pouvais choisir un professeur entre les différents batteurs de la journée, ce serait lui.

Sa Yamaha sonne magnifiquement bien, sa caisse claire me fascine. Il interprète quelques compos et prend souvent le micro pour nous rappeler que l’essentiel ce ne sont pas les gospel chops, mais le service de la musique. Ça me fatigue un peu d’entendre ça j’ai l’impression de l’entendre des millions de fois et je suis bien d’accord, preuve en est c’est le jeu de Manu Katché qui me touche le plus pour l’instant, mais Luke Holland qui nous a fait une énorme démonstration de chops restait à mon sens au service de la musique et m’a également inspiré. Peut-être que je ne suis pas encore assez mature pour comprendre la profondeur de cette idée, ou peut-être que c’est un faux débat.

C’est en tout cas un plaisir d’entendre ce monument de la musique dont les paroles résonnent d’assurance et de personnalité, et qui annonce alors le papa de la soirée : Dennis Chambers.

Dennis Chambers

En le voyant arriver je reconnais immédiatement cette démarche et ce visage que j’ai vu des dizaines de fois en magazines et vidéos YouTube.

Il prend le micro pour continuer le discours de Manu Katché sur la musicalité, avant de nous proposer un solo « Chambersien » : du groove, des idées, un côté très funky/fusion 80´s et une prestation qui fait aimer les solos.

Il continue avec « What is hip » des Tower of power et d’autres titres très funky qui sont certainement l’expression de son ADN.

Vous l’aurez compris, la Bag’Show 2019 est clôturée en beauté.

Merci La Baguetterie !

Et voilà pour mes impressions sur la Bag’Show 2019.

J’ai été impressionné par l’organisation : les Lalite nous ont offerts un spectacle exceptionnel, et Laurent Bataille a su animer et présenter les show man comme il se doit.

Ha oui aussi, Aaron Spears fêtait son anniversaire le 26 octobre, Manu Katché le 27 (jour de l’événement) et moi le 28 ! Coïncidence je ne crois pas n’est-ce pas =D

La Baguetterie devrait publier quelques vidéos et Batteur et Batterie magazine ont aussi couvert l’événement donc attendez vous à de belles choses ces prochains jours.

Merci pour votre lecture, si vous y étiez aussi dites-moi dans les commentaires ce que vous en avez pensé et quel batteur vous avez préféré 🙂

En attendant je vous invite à vous abonner au partage du vendredi en cliquant ici : chaque vendredi je vous envoie mes découvertes de la semaine (batteur, album, partitions…). Un best of des perles qui m’inspirent et qui vont te faire taper du pied 🙂

À bientôt !

 

Aurélien

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Comments

  1. Trouttet Cédric Says: octobre 30, 2019 at 7:20

    Salut Aurélien,
    Tout d’abord je voulais te remercier pour tes supers commentaires,je ne suis jamais allé à cette évènement mais juste avec tes textes j’ai l’impression d’y avoir participé et ça c’est cool !!
    Je suis heureux que tu es pris le temps de regarder les vidéos que je t’ai envoyé le 27/09/2019, je t’avais donné un lien d’une vidéo d’Aric Improta dont tu fais peut-être référence dans un de tes textes.
    Encore merci de prendre de ton temps pour nous faire partagé ce genre de spectacle.
    Sincères salutations
    Trouttet Cédric

  2. Aurélien Says: octobre 30, 2019 at 7:38

    Hello Cédric,

    Yes c’est bien toi qui m’avait fait découvrir Aric Improta 😉
    Merci pour ton commentaire je suis heureux que t’aies pu vivre un petit bout de l’événement, peut-être que tu pourraas venir à la prochaine.

    Bonne journée,

  3. Philippe Bégin Says: octobre 30, 2019 at 1:35

    Bonjour Aurélien, Dommage que vous ayez raté la prestation du jeune « Mimiche »en début de session, très prometteur dans le style Gospel pour un jeune de 13 ans, quelque chose de Tony Royster au même âge, même si la comparaison est flatteuse. Le passage de Manu Katché était top, avec cette très jolie ligne de basse sur laquelle je voulais m’arrêter de chanter avec le public pendant qu’il jouait, mais c’était si agréable! C’est amusant d’entendre des batteurs ultra impressionnants comme Aaron Spears ou Dennis Chambers se faire l’avocat de la « lenteur » et du groove sans abuser des chops. Et Luke Holland est réellement bluffant. Bref (!) une magnifique première pour moi.

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